03.08.2009
Los Roques
Los Roques,
Quelques confettis posés comme des perles sur la mer des Caraïbes.
Je peux dire qu’il y a peu d’endroits où j’ai navigué avec autant de plaisir qu’à ‘Los Roques’ que je découvris lors d’un premier passage en 2001 à bord de ‘Jour de fête’ mon ancien voilier . Je me suis promis de revenir,( en septembre prochain) dans cet archipel corallien composé d’îles, cayes où îlots, situé entre ciel et mer, au large des côtes du Venezuela, dont Christophe Colomb en parla comme d’un paradis sur terre lorsqu’il le découvrit. Et il a raison le bougre ! Une cinquantaine d’îlots forment cet archipel dont le sable d’un blanc très pur se détache sur les eaux turquoise ou émeraude. L’archipel est riche en faune et en flore. Des bouquets de mangroves, de cactus et de plantes sauvages donnent une note de vert à ces îlots arides où les iguanes et les lézards ont élu domicile.
Frégates, fous, ibis rouges, hérons, flamands roses et pélicans abondent.
Poissons perroquet aux couleurs arc en ciel, poissons trompette aux allures sveltes, sans compter les nombreux mollusques, éponges, oursins et toutes sortes de coraux , qui font que depuis 1972 , le gouvernement Vénézuélien décida de classer l’archipel en parc national.
Los Roques s’impose par la beauté de son environnement sauvage, mais aussi tout particulièrement par son calme, par cette sensation de bien-être, d’oubli total du monde et du stress quotidien qu’il produit sur chacun de ses visiteurs. De petites maisons de pêcheurs partiellement transformées en posadas pleines de charme permettent de profiter de l’île dans les meilleures conditions.
En 2001, en compagnie de deux copains, je suis venu mouiller à Grand Roque, île principale de l’archipel, habitée mais interdite aux véhicules motorisés. A huit heures du matin, après une nuit de navigation, je jetais mon ancre à cent mètre de la plage, par sept mètres de fond. Quelle ne fut notre surprise d’apercevoir à quelques dizaines de mètres à l’arrière de ‘Jour de fête’ mon ancien voilier, une baleine bosse qui nous avertit de son souffle chargé de fortes odeurs marines, que nous étions bien dans un de ces endroits privilégiés sur terre : un sanctuaire. Mon pote Michel immortalisa la scène avec son caméscope afin de nous rappeler plus tard que nous n’avions pas rêvé. Nous n’étions pas loin de l’unique village de l’île composé de petites maisons colorées réparties le long de rues ensablées bordant de charmantes ‘Posadas’ où viennent se restaurer les touristes de passage.
Cette rencontre fut impressionnante, ce matin là je ne pu me baigner, l’image de cette baleine restait figée dans mon esprit. Il me fallut attendre l’après-midi pour aller avec mon dinghy dans une crique de rêve y découvrir un véritable aquarium. Je me glissai dans l’eau tiède ; des poissons colorés aux formes aussi diverses qu’amusantes évoluaient parmi les coraux.
Je ne me lassais pas de ce calme, de cette impression de sérénité qui émanait de tant de beauté. La mer m’avait offert un peu de tout ce qu’elle possède de plus beau, me faisant comprendre qu’au fond, le merveilleux est à portée de main.
François, à bord de Feline Good, Margarita le 31 juil. 09
http://felinegood.blogs-de-voyage.fr/
17:31 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : los roques, venezuela, margaria, voilier, catamaran, caraibes, livres à bord, plongée, charter
28.07.2009
Nom de baptême : Feline Good
Nom de baptême Feline Good
Voilà maintenant une semaine que j’ai ramené mon bateau de Tortola à St Martin en compagnie de mon ami Francis. Dois-je le débaptiser, la question est cornélienne ! Avoir un bon bateau, il n’y a rien d’meilleur au mon .. on.. de …
Vous fredonnez cette chanson sur l’air « d’avoir un bon copain », puis vous cherchez quel nom pourrait avoir votre bon copain ! Il y en a mille, cent, des dizaines, mais un seul sera retenu. On ne choisit jamais un nom de bateau par hasard. Il est le fruit d’une réflexion, chaque marin a son propre cheminement.
Mon premier bateau s’appelait « jour de fête ». Malheureusement, la fête s’est mal terminée pour nous deux. Après avoir parcouru près de 10 000 miles ensemble, soit environ 18000 km, Jour de fête reposait tranquillement sur son ber (petit échafaudage) dans un chantier du sud de Grenade, l’île aux épices du sud des Antilles, quand ‘Yvan le terrible’, cyclone d’une effroyable violence qui ravagea toute l’île, lui administra des rafales, autant de coups de boutoir d’une force atteignant les 300 km heure. Comme près de 600 bateaux, Jour de fête, agonisa sur le dur sol du chantier naval de Prickly bay. Finie la fête ! Un jour peut-être ?
Aujourd’hui, une nouvelle aventure commence, un nouveau bateau, mais ce ne sera pas
‘Jour de Fête 2’. Soyons prudent, les marins sont des gens superstitieux. A bord d’un bateau par exemple, on ne mange jamais de ‘L’. On n’appareille pas un vendredi soir ! Le fait de parler de tout cela à bord peut provoquer la pire des attaques au plus zen des skippers ! Sorry, ‘Jour de fête 2’ NO COMMENT !
Des centaines de noms de bateaux se bousculent à l’académie des circumnavigateurs. Il y a les romantiques :
Escapade, Solitude, Nivarna, Sweet wind, Saudade, Joie de vivre, Sérénité… Les célestes :
Castor, Pollux, Balthazar, Cassiopée… Les latins :
Carpe Diem Les jeux de mots :
Seazen, Sorry, Picksou, Now or Never, Please…
J’ai longtemps été tenté par Iémanja, (se prononce Yémanja) Laissez- moi vous parler de Iémanja, déesse de la mer et de la fécondité, protectrice des pêcheurs, adulée, crainte, respectée par tout ce qui navigue dans les eaux Brésiliennes
Iémanja est célébrée tous les ans le jour de la Saint Sylvestre dans une fête, un recueillement que seuls les Brésiliens ont l’art de préparer. A Rio, par exemple, ce n’est pas moins d’un million de personnes qui se réunissent le 31 décembre sur les plages de Copacabana, Leblon, Ipanema. Après avoir accompagné le couché de soleil qui glisse dans l’océan, au son des sifflets, des applaudissements, des cris de joie, et des tambourins. Les Cariocas tout habillés de blanc, une fleur épinglé dans la chevelure, les corps huilés, parfumés, parés de leur plus beaux bijoux, rendent hommage à Iémanja.
Ils viennent déposer leur offrande dans des paniers de paille, garnis de peignes, de bijoux, de parfum et de fleurs. D’autres ont fabriqués de petits coussinets dans lesquels se consume une bougie disposée au milieu de petits billets faisant état de souhaits pour l’année à venir. La mer emporte le tout laissant dériver autant de rêves, de prières, d’incantations, d’ex- votos envoyés avec ferveur, recueillement, inquiétude, et amour, vers Iémanja.
Iémanja, écoute ma prière Iémanja, offre moi des vents favorables !
Iémanja, protège-moi d’Yvan le terrible ! Iémanja, amène-moi vers ce pays lointain qui n’existe pas, mais dont tous les navigateurs rêvent !
Puis, je suis monté à bord de Feline Good un Léopard de 45 pieds construit en Afrique du Sud par le chantier Robertson and Caine, mon nouveau catamaran, je m’y suis senti bien, tout de suite.
Lors de ma deuxième visite, j’avais déjà trouvé mes marques. Pendant que se déroulait l’expertise, puis de l’essai en mer, je devinais que nos plus belles navigations étaient à venir.
François, à bord de Feline good en carénage St Martin, le lundi 1er septembre 2008.
Latitude : N 18°03.580 Longitude : W 63°05.657
18:18 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : catamaran, voilier, croisère, sable blanc, cocotiers, caraibes, charter, venezuela, margarita, rencontres
24.07.2009
Alo Presidente!
Alo Présidente !
Onze heure trente, mon premier dimanche sur le sol Vénézuelien, j’observe dans la Marina, sur tous les pontons, les plaisanciers locaux qui vont et viennent, se préparent à aller passer du bon temps, sur les plages avoisinantes . Je brique Feline Good, car il se pourrait que ce soir j’ai une visite. Quien Sabe ! (Qui sait !)
Pour m’habituer à l’Espagnol parlé au Venezuela, je branche une radio au hasard, et tombe, pile poil à l’heure de la messe, sur celle de la radio d’état. ‘Radio Nacional’. Je ne saisi pas tout, loin s’en faut, mais j’écoute avec attention l’émission phare de la vie politique Vénézuelienne
‘ Alo Présidente’, née un an après l’élection , en 1998 du Président Chavez, ancien officier putchiste, admirateur déclaré de la révolution cubaine, à la tête de ce pays géant pétrolier des Caraïbes qu’est le Venezuela.
Loin des allocutions traditionnelles, le président règle en toute décontraction ses comptes, avec l’opposition, comme avec son ex-femme, ou discourt durant des heures sur l’histoire, l’amour, ou la gastronomie.
Vivement dimanche !
Je viens de rentrer à bord, le soleil commence à tirer sa révérence, j’allume la radio de nouveau, et entends le président qui parle toujours, encore, toujours, toujours !
Mais quand se repose-t-il ?
Le ton est bon enfant, cocasse. Il captive son auditoire comme Fidel Castro le faisait autrefois, parfois paternaliste, d’autres fois véhément, avec ces envolées lyriquement révolutionnaires suivies, de chansons romantiques, dont le LA est donné par le Président Chavez en personne qui à l’occasion pousse la chansonnette et révèle quelques anecdotes sur sa vie privée, ses démêlés avec son ex-épouse, dit des vers et rit souvent autant de lui que du public. Puis, quand ce dernier intervient par des cris ou des applaudissements, répond promptement, mais peut aussi annoncer à l’antenne la nomination ou la destitution d’un ministre, ou encore joindre au téléphone des concitoyens anonymes, abasourdis par l’appel de leur Président., véritable réincarnation de Simon Bolivar, illustre général, né à Caracas, cité à tout bout de champ sur l’antenne, célèbre dans l’histoire pour avoir, le premier tenté d’avoir eu la noble idée d’unifier les pays d’Amérique latine afin d’en faire une seule et même nation.
Mais il parle, parle, parle, cite pêle –mêle dans ses discours, Mao, Jésus, et Nietzche
Por qué no te callas ?
Excédé par une prise de bec entre Hugo Chavez et José Luis Rodriguez Zapatero, chef du gouvernement espagnol, interrompu à plusieurs reprises lors d’un discours, lors duquel son
prédécesseur José Maria Aznar fut qualifié par le président Vénézuelien de : (fasciste pire qu’un serpent,) le roi Juan Carlos avait lancé lors d’un sommet ibéro américain de Santiago du Chili cette phrase devenue célèbre venant du Roi, qui, pour l’occasion sortit de sa réserve pour protéger l’honneur de ses chefs de gouvernement respectifs :
‘Por qué no te callas’ , pourquoi tu ne la fermes pas !
Quand il ne la ferme pas, il agit pour son peuple.
Le jour suivant l’émission’ Alo Présidente’ je suis allé déjeuner en compagnie de José, sa secrétaire ainsi que Philipe autre Français installé ici depuis une dizaine d’années à la « Comedor Popular »
Depuis de José m’en parlait, je le tannais afin qu’il m’y emmena.
Personnellement, j’ai été frappé par l’état de propreté de cet établissement, qui peut délivrer un millier de repas dans la journée pour 2 ,5 Bolivars, soit environ 0.80 centimes d’€uros.
Habituellement, je vais déjeuner à la Plaza Major, vaste complexe commercial , posé au milieu d’une cité lacustre, où l’on trouve d’excellents petits restaurants qui vous servent de délicieux plats très copieux pour environ 25 Bolivars soit 30 Bolivars avec une boisson.
Au comedor popular, il y avait la queue, remplie de gens de toutes sortes, ouvriers, employés, représentants habillés avec recherche. Tous attendent le repas du jour, aujourd’hui composé d’une soupe ‘sopa’, suivie d’un ‘Plato fuerte’, plat de résistance, souvent de viande émincée, entre le bœuf carottes et le bourguignon accompagné de spaghettis. Le tout arrosé d’un jus de fruit. Etonnement, je ne vis pas une seule personne mal habillée, négligée ou carrément sale comme l’on pourrait l’imaginer dans un endroit si populaire.
(A Puerto la Cruz, aucun SDF ne dort dans les rues, la misère se cache à deux pas, dans des maisons en dur au sol de terre meule couvertes d’un toit souvent de tôle ondulée)
Bien entendu, il n’y a pas de serveurs, car l’on doit prendre son repas, de la même manière que l’on procède dans n’importe quel snack, en glissant son plateau sur un rail.
Ici, le salaire moyen pour qui travaille est d’environ 300 €, un des plus élevés d’Amérique du sud. J’ai aussi appris que l’alimentation était gratuite pour 90.000 personnes dans le cadre d’un programme en vigueur dans tout le Venezuela. Il y a aussi des marchés populaires où les prix sont réduits de 40% , mais également des petits marchés « Mercaditos » et ce qu’on appelle les « Méga –mercados ». La différence est énorme.
Désormais, m’a-t-on dit, le peuple peut manger de la viande et du poulet tous les jours, car ajoute-t-on ici tout ce qui concerne l’alimentation rentre dans le cadre du programme de santé, appelé « Santé intégrale » qui relie éducation, sport, culture.
Au Venezuela, le droit à la santé est considéré comme partie au droit à la vie.
On ne se lèche pas les babines, dans les Comedor popular, mais force est de reconnaître qu’un gros effort est fait pour veiller au bien-être des plus démunis qui réprésentent 60% de la population. J’ai été stupéfait par la bonne tenue de l’établissement, la gentillesse des convives, des employés, la tolérance qui était de mise lors de notre venue dans un cadre où nous n’étions pas habitués, et malgré notre tenue vestimentaire des plus ordinaires, aucun reproche fut-il visuel ne nous fut adressé !
Royalement, José nous régala pour 10 Bolivars, environ 3 €uros.
Buen provecho ! (Bon appétit)
Excusez-moi, je dois vous quitter, on m’appelle : ‘Alo Présidente’
14:56 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : catamaran, voilier, croisère, sable blanc, cocotiers, caraibes, charter, venezuela, margarita, rencontres, cabine hôte, feline good, saint martin




